Kabylie News Tizi-ouzou
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Kabylie-société La figueraie de M. Salem Messaoudene:
un exemple à saluer et à suivre
Bouzeguene,
21 septembre 2010 (bms) - M. Salem Messaoudene,
du village algérien et kabyle Ait Ikhlef (Bouzeguene, Tizi-ouzou,
Algérie) n'aime pas visiblement perdre son temps et n'en a pas perdu
en tous cas. Il a réalisé ce que n'ont pu faire que peu de
gens peut être de sa génération et de celle qui suit:
faire sortir d'un terrain abandonné au beau milieu d'une zone forestière
une figueraie de 57 beaux figuiers de quatre variétés, les
plus connues et les plus appréciées.
Il s'agit de Tahgnanimt, Ajandjar,
Thaâmriwt (dite aussi El-Malwi) et Aânqiq. Ces variétés
de figuiers donnent les fruits les plus prisés en Kabylie pour plusieurs
raisons dont la beauté, le goût et la préservation
de la qualité du fruit une fois asséché.
M. Messaoudene ou Dda Salem
suivant l'appellation traditionnelle kabyle dû par respect aux aînés,
affirme que l'idée de créer cette plantation de figues lui
est venue en prenant sa retraite en l'an 2000. Il se rappela alors l'idée
d'un sage selon laquelle celui qui aura vécu 60 ans et n'a pas appris
les 60 versets du Noble Coran, le livre saint des musulmans, ou à
défaut n'a pas planté 60 arbres, n'aura rien fait de significatif
dans sa vie.
Et c'est alors qu'il s'est
mis à la tache pour planter un à un ces 57 figuiers qui lui
donnent aujourd'hui une bonne quantité d'un fruit très prisé
en Kabylie, Lakhrif et Inighmane, pour les figues sèches.
- Et les trois figuiers manquant
pour atteindre le nombre de 60, l'avons nous intérrogé?
- Les trois autres, je les
ai plantés dans un autre endroit, assure M. Messaoudene.
Malgré un incendie
provoqué en contrebas de la figueraie et qui a affecté plusieurs
des figuiers, ces derniers ont pu être récupérés
et sauvés. M. Messaoudene s'est bien armé de patience et
d'idées pour réussir une oeuvre arboricole rare actuellement
en Kabylie où les vieux figuiers disparaissent un à un de
vieillesse et de manque d'entretien dans presque tous les villages. La
figueraie de M. Messaoudene est située au lieu-dit Imouglawen, proche
du village Ait Ikhlef, commune de Bouzeguene, dont M Messaoudene est issu.
Imoughlawen est une zone mi-forestière et de pâturage.
''Si j'avais su qu'il y avait
un prix à Lemssella (qui a organisé les 16, 17 et 18 septembre
pour la 4ème fois une fête de la figue, ndlr), j'aurais certainement
remporté le premier prix en participant'', a assuré M. Messaoudene
parce que sûr de la bonne qualité de ses figues. Ce dont nous
avons eu la preuve... Mais il promet d'y prendre part l'année prochaine.
M. Salem Messaoudene
est le père du défunt Cherif Messaoudene, l'ex-directeur
du centre culturel de Bouzeguene, décédé il y a quelques
mois. Le souvenir du jeune homme, ravi à la fleur de l'âge
par la maladie, reste vivace tant il a réussi à animer la
vie culturelle locale comme ne l'a jamais fait quelqu'un d'autre.
''La terre n'est pas ingrate.
Elle est généreuse. Il suffit de la travailler pour vous
nourrir'', affirme M. Messaoudene qui voudrait bien agrandir la plantation
et souhaite susciter des vocations y compris parmi son voisinage et ses
cousins.
''L'année dernière...
sans trop forcer, j'ai réalisé un quintal et demi de figues
sèches sans compter la quantité offerte aux proches et amis
lorsque le fruit état fraios'', a assuré M. Messaoudene.
La figue fraîche ne se vend
pas moins de 50 dinars le kilogramme à Tizi-ouzou et celle sèche
dépasse les 150 dinars pour la qualité très moyenne.
Alors avis aux amateurs.